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Bien positionnés pour atteindre les play-offs de Ligue A, les Spacer's de Toulouse réalisent un bon début de saison. L'occasion d'interroger le coach Cédric Enard, sur le parcours de ses joueurs mais également sur le développement du volley-ball tricolore...

Cédric, quel bilan tirez-vous de ce début de saison ?

Il est très correct. On est toujours à la lutte pour les play-offs même si le championnat reste très serré et homogène. On n'est pas épargné par les blessures depuis le début de saison, notamment au poste de réceptionneur - attaquant. Malgré l'importance de ce poste-là, on a un bilan comptable qui est bon. On est toujours à la lutte pour ce qu'on voulait, c'est à dire être le mieux placé possible pour les play-offs. 

 

Les prochaines semaines pourraient être décisives...

Oui, elles vont être déterminantes. On va affronter les gros, ce ne sera pas simple mais on va donner le maximum. Nous allons également avoir des rendez-vous à ne pas manquer face à des concurrents directs et des équipes actuellement en bas de tableau.

 

Les Jeux Olympiques de Rio étaient vivement attendus dans le cadre du développement du volley-ball français. Quelques mois plus tard, pensez-vous que l'on assiste à une évolution positive ?

Mon sentiment est mitigé. C'est clair qu'il y a du mieux dans certaines salles, à commencer par la nôtre où on a une affluence qui est en légère augmentation. Est-ce lié à l'Equipe de France ou à notre régularité depuis quelques saisons, je ne sais pas. On est toujours en train de dire qu'il faut des résultats, qu'il faut de l'argent pour avoir des résultats. Il faut toujours quelque chose mais ce sont des excuses pour ne pas avancer. Les résultats, l'Equipe de France en a eu, on ne peut pas dire le contraire. On s'était mis à rêver d’une médaille aux Jeux Olympiques à la suite des deux premiers titres de l'histoire un an auparavant. Malgré ces performances, je ne ressens pas un réel engouement comme cela pourrait être le cas du handball. Quand on voit le mouvement qu'il y a dans ce sport, je pense que c'est un modèle à suivre. J'en discute souvent avec Philippe Gardent, qui est mon collègue de travail à Toulouse, il me dit qu'il y a un très gros travail de fait en coulisses pour attirer toujours plus de licenciés. Je me pose des questions, je n'ai pas la sensation qu'il y ait eu un grand changement dans le volley-ball après les Jeux Olympiques. 

 

Il y a de quoi être inquiet...

Non, il ne faut pas non plus dresser un tableau trop sombre. Dans le handball, ce n'est pas après la première médaille d'or que tout s'est enclenché. Il faut du temps pour créer quelque chose, mais il faut qu'il y ait une prise de conscience. On a une génération dorée sur laquelle on peut s'appuyer, il faut absolument en profiter. Même s'il y a plus de concurrents dans le volley-ball que dans d'autres disciplines, on a une équipe capable de briller. Il faut mettre les moyens nécessaires pour qu'elle aille tout en haut.

 

Justement, cette génération semble être la plus brillante que le volley-ball français ait connu. C'est le moment ou jamais d’en profiter ?

Oui, j'en suis persuadé. Quand on voit les retours que l'on a pendant les grosses compétitions, on sent qu'il y a quelque chose à faire. On a tout pour surfer sur une vague et faire progresser la discipline. Est-ce que l'on aura une telle génération à l'avenir avec une grande star comme Earvin Ngapeth ? On ne sait pas, même si plusieurs jeunes de talent sont en train d'arriver. L'alignement des planètes est parfait, il ne faut surtout pas s'endormir. Pour les prochains Jeux Olympiques nos cadres auront la trentaine, c'est l'âge idéal dans le volley. Il y a quelque chose d'énorme à faire. 

 

D'autant que la formation française est reconnue...

Bien-sûr, on a une très bonne formation. Le gros problème, c'est la base de la pyramide avec notre nombre de licenciés. Si tu as un jeune sur mille qui devient professionnel, c'est bien. Mais si tu as cinq-mille jeunes, tu auras cinq professionnels. Ce n'est pas la qualité de la formation qui est problématique, bien au contraire, c'est seulement le nombre de jeunes licenciés. C'est là où le volley-ball français doit progresser dans les prochaines années et se servir de la très bonne génération en sélection nationale.

 

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

Crédit photo : Manuel Blondeau / Icon Sport

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